benameur 046

C'est l'histoire de trois personnages :

L'enfant qui marche dans la forêt et qui apprend à découvrir à la fois le mystère et la liberté face à l'absence de sa mère.

Le père, menuisier du village qui cherche à délivrer son corps du désir et son esprit de la mémoire de sa femme qui a disparu.

La grand-mère qui fait la tournée des fermes voisines pour glaner ce qui est nécessaire à la vie.

C'est un livre qui nous parle intimement du désir de s'envoler dans le nomadisme de l'être et de l'âme

face au besoin de s'enraciner dans les gestes répétitifs, l'espace et le temps.

C'est un livre qui nous parle de la réalité face aux rêves :

"quand on sent que les rêves du monde sont bien trop vastes pour les porter sur notre tête.

Qu'on n'y arrivera pas. Forcément. Et qu'au fond on sait déjà que nos parents ne pouvaient pas les porter non plus,

et les parents de nos parents non plus, et ainsi sur la terre."

C'est un livre qui nous parle du mouvement face à l'immobilité et de la difficulté de passer de l'un à l'autre :

"Il se rappelle qu'il enviait les mains des femmes parce qu'à la maison, elles n'arrêtaient pas de toucher des choses différentes tout au long de la journée."

C'est un livre qui nous questionne sur comment mélanger des êtres, des gestes et des désirs différents, parfois opposés :

" Ta mère lui avait aussi montré comment oser mélanger l'acide et le doux.

Elle continue à le faire parfois, c'est sa façon de te dire qu'elle n'a pas oublié. Ces jours-là, tu manges avec une application particulière."

C'est un livre à lire lentement, assise dans un fauteuil en marchant dans sa tête.

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